Moscou : sur les traces de Nathalie

Elle parlait en phrases sobres
de la révolution d’octobre…
Je pensais déjà qu’après le tombeau de Lénine
on irait au café Pouschkine boire un chocolat…

(Gilbert Bécaud)

Après un voyage en train entre les deux grandes villes du pays, on arrive dans la capitale plutôt satisfait et même plutôt reposé de notre première nuit sur les rails.

Tout de suite la différence est palpable : on vient de quitter la capitale culturelle pour entrer dans la capitale économique et politique. Tout dans cette introduction est imposant et fastueux mais sans réelle grandeur ni splendeur. Des immenses couloirs de métro en marbre aux vastes bâtiments administratifs vides, pas de doute, un certain Joseph est passé par là il n’y a encore pas si longtemps…

Un peu perdu face à cet accueil, on essaie pour commencer d’aller à la rencontre de la jeunesse plutôt que des banquiers et des politiques.

Notre premier échange avec un moscovite a lieu par le biais d’un interphone dans le fond d’une arrière-cour, où une porte blindée semble donner accès à un sous-sol « censé être un restaurant stylé » d’après Marie. Après avoir sonné et tenté un timide et probablement idiot « Pouvons-nous manger ? » compte tenu de l’heure tardive et de la situation géographique pour le moins saugrenue de cette porte d’entrée, un retentissant « Daaaa ! » grave et appuyé se fait entendre à travers la grille du haut-parleur, précédant le bip de déverrouillage de la serrure sécurisée. La porte s’ouvre sur un escalier sombre. Nous descendons sans objectif visible et atteignons Delicatessen, petit restaurant enterré mais inspiré et à bon prix.

On se rend ensuite à Octobre rouge, ensemble d’anciens bâtiments industriels réadapté en boutiques, restaurants et bar divers.

FullSizeRender.jpg

IMG_5201
Entrée d’Octobre Rouge, Bersenevskaya nab

Le réconfort escompté n’arrive pas tout de suite puisqu’encore une fois c’est tellement grand qu’on se perd un peu, et comme les plans ne sont pas à jours, on part difficilement à la recherche de plusieurs cibles en s’aidant des informations russes et de notre déchiffrage approximatif du cyrillique.

Sans le savoir, c’est un peu dans le 8ème des 12 travaux d’Asterix que l’on se lance. Après avoir gravi moult escaliers et en avoir descendu moult autres, emprunté différentes passerelles et changé plusieurs fois de bâtiments, on tombe au choix sur un bar à shisha suspendu à 10 mètres du sol dans une passerelle en verre ou encore sur des bureaux d’architectes coincés dans un bâtiment désaffecté. Mais jamais de banderole d’arrivée (ni de formulaire A-68)…

On finira par abandonner en pestant contre le Lonely Planet et les plans caduques. On a mis du temps pour venir, on a pas mal traîné et nos corps ainsi que notre motivation commencent à refroidir.

On décide alors ce soir-là d’aller manger au fameux Café Pouchkine ; celui-là, ce serait étonnant qu’il ait disparu de la surface de la ville ! Pas de surprise : c’est loin et les avenues sont immenses, mais la nuit, l’éclairage donne un certain style à cette monumentale architecture. On finit par tomber sur le restaurant, situé dans un hôtel particulier sans enseigne exceptée une plaque gravée (en cyrillique bien entendu).

IMG_5235
Café Pouchkine, Tverskoï but 26a

Contre toute attente, on y apprend que l’ouverture du café est postérieure à la chanson de Bécaud qui a en fait inspiré l’adresse à Andrei Dellos devant le nombre grandissant de touristes français à la recherche désespérée de l’emblématique repaire du chanteur français. Au final : une bonne table, certes touristique mais dans un cadre tamisé bien décoré et proposant une carte russe très fournie. On en sort ravi, le ventre rempli et la tête moins vide.

Le lendemain est consacré aux visites des principaux points d’intérêt de la ville dont on a tous des images en tête grâce au cinéma et à BFM TV : la Place Rouge et le Kremlin.

Il ne fait pas froid, la Place Rouge est bondée et je commence à penser que Bécaud est décidément un bon menteur. C’est quand même grandiose et même si le tombeau de Lénine est fermé, en traversant la place on peut sentir le poids de l’histoire et (presque) l’odeur du chocolat.

IMG_5243
Musée d’État sur la Place Rouge, Krasnaya pl1

On visite ensuite la cathédrale Saint-Basile, dont la façade extérieure fait la joie des marchands de carte postale et des livres de voyage (photo de couverture de l’article). L’intérieur est tout aussi intéressant, bien que plus ancien et beaucoup plus brut.

IMG_5257.jpg
Cathédrale Basile le Bienheureux

On pénètre ensuite dans le Kremlin, grand absent de Saint-Pétersbourg. Mini-ville fortifiée dans la ville, il domine Moscou du haut de sa colline. Dans son enceinte, un étrange mélange de spiritualité, de pouvoir et d’art nous fait bien sentir l’importance pluricentenaire de ce lieu.

Après être passé devant les actuels bâtiments du pouvoir officiel, on aboutit à la Place des cathédrales où se font face 4 Églises, haut lieu du pouvoir officieux. Chacune a son propre style et sa propre histoire ; à nos yeux de novices c’est déjà très beau, mais probablement pas autant que pour tous ces fidèles qui y font la queue pour embrasser des icônes. En voyant l’importance de la religion dans ce pays, difficile de croire qu’il y a 50 ans, le communisme l’avait reléguée au second plan.

IMG_5295.JPG
Cathédrale de la Dormition du Kremlin

Une fois n’est pas coutume, on termine notre aventure métropolitaine par un spectacle. Plus ancien et encore plus mythique que le Mariinsky : à nous le Bolshoï ! Sauf que cette fois le percepteur est passé et on est exilé au dernier rang du plus haut balcon ! Bien organisés, on parvient tout de même à suivre les danseurs de Jewels grâce aux jumelles fournie aux vestiaires.

FullSizeRender 2.jpg

IMG_5374 2.PNG
Aperçu des danseurs du Bolchoï au travers des jumelles

On finit cette dernière soirée au fond d’une ruelle mal éclairée dans le moderne et jeune restaurant Lavka Lavka (dégotté par Marie). Faute de « Champagne de France » et en guise de mise en bouche à la prochaine étape de notre périple, nous buvons notre première Medovukha du voyage.

W0jZRnEURrSVQ0C5L6j%+g_thumb_18.jpg
Dernier verre moscovite au Lavka Lavka, ul. Petrovka 21 str 2

Quentin

P.S. : On n’est pas encore de vrais blogueurs mais on va essayer d’être plus rapide dans l’avancée des publications !

6 réflexions sur “Moscou : sur les traces de Nathalie

  1. Voilà qui nous fait voyager et profiter avec vous de ces lieux que nous ne connaissons pas… Il nous manque juste les goûts et les odeurs qui ne ressemblent sans doute en rien à ceux de Niort!
    Nous attendons avec impatience le prochain post…

    J'aime

  2. Je vote pour une transformation rapide en vrais blogueurs (parole de mec qui se fait chier au milieu de nul part et dont vos articles sont devenus la seule raison de vivre)! A quand le premier débrief du minimalist traveler ?

    J'aime

  3. C’est avec grand plaisir que nous lisons vos articles tout en voyageant avec vous! …..De loin mais les récits et photos sont magnifiques et nous font découvrir des endroits que nous ne connaissons pas. Merci a vous et bon voyage

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s